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Le violeur de Tinder : quand le documentaire libère la parole des victimes

Selon La Presse, le documentaire Le violeur de Tinder: Des femmes face à leur bourreau revient sur une affaire dont le titre dit déjà la violence, mais dont le centre de gravité est ailleurs: dans la…

Soline Béranger·mis à jour 28 juillet 2026

Le violeur de Tinder : quand le documentaire libère la parole des victimes

Le silence qui suit un message, l’envie de faire confiance à une conversation qui semble fluide, le désir très simple de ne pas être seul·e: nous connaissons ces petits espaces où l’on baisse la garde. Selon La Presse, le documentaire Le violeur de Tinder: Des femmes face à leur bourreau revient sur une affaire dont le titre dit déjà la violence, mais dont le centre de gravité est ailleurs: dans la parole des femmes concernées. Pour celles et ceux qui fréquentent les espaces de rencontre en ligne, ce récit rappelle que la prudence ne doit jamais être confondue avec la méfiance envers soi-même.

Bell Media présente également la série comme un programme donnant la parole aux victimes de Samuel Moderie, tandis que Crave en a dévoilé les détails. Le choix de placer les personnes touchées au premier plan compte: trop souvent, dans les récits de violences, tout l’espace est occupé par celui qui les a commises, et les autres doivent ensuite tenter de récupérer leur propre histoire.

Redonner une place aux récits des femmes

Un documentaire ne peut pas effacer ce qui a eu lieu. Il peut toutefois déplacer le regard, en laissant résonner des voix qui ont trop souvent été réduites à un fait divers, à une ligne dans une chronologie, ou au silence qui suit une expérience impossible à raconter.

C’est sans doute ce qui rend ce programme particulièrement difficile — et nécessaire — pour une audience habituée aux liens numériques. Une rencontre commence rarement dans le fracas: elle se tisse dans des messages ordinaires, des attentions, un rendez-vous proposé avec naturel, une impression de proximité. Ce n’est pas aux personnes qui cherchent une relation, une aventure ou simplement un échange de porter la faute de la violence que quelqu’un d’autre choisit d’exercer.

Dans la tchatche, préserver son propre espace

Cette actualité ne nous demande pas de renoncer à parler à des inconnus ni de transformer chaque conversation en soupçon. Elle invite plutôt à prendre au sérieux ce que nous ressentons, y compris lorsque ce ressenti semble imprécis: une insistance qui ne trouve pas de réponse, un rythme qui ne nous convient pas, une question trop intime, une limite que l’autre contourne au lieu de l’entendre.

Dans une conversation équilibrée, le refus peut exister sans devoir être longuement justifié. Le temps de répondre nous appartient aussi. Et l’asymétrie des attentes — lorsque l’un veut accélérer tandis que l’autre cherche encore ses repères — mérite d’être nommée, plutôt que recouverte par la peur de décevoir.

Ne pas laisser les silences décider à notre place

Parler de ce documentaire entre proches peut être une façon de rompre un autre silence: celui qui fait croire qu’un malaise est trop petit pour être partagé, qu’une rencontre étrange doit être minimisée, ou qu’il faudrait disposer d’une certitude absolue avant de demander de l’écoute.

Les plateformes et les conversations en ligne restent des lieux où peuvent naître des liens sincères. Mais cette promesse ne tient que si nous préservons, au cœur même de l’échange, le droit de ralentir, de partir, de dire non et d’être cru·e. Le documentaire annoncé par La Presse nous ramène à cette évidence fragile: la confiance est un refuge, jamais une dette.