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Pure renforce la sécurité des rencontres avec son outil anti-cyberflashing

D'après Mashable, Pure — une application qui assume depuis longtemps une approche dite sex-positive — permet désormais à ses utilisatrices et utilisateurs de poser leurs propres limites avant même d'ouvrir un message.

Soline Béranger·mis à jour 14 août 2026

Pure renforce la sécurité des rencontres avec son outil anti-cyberflashing

Nous avons toutes et tous, à un moment ou un autre, ressenti ce léger vertige en ouvrant une conversation que l'on attendait avec impatience — cette minuscule seconde où l'on hésite entre l'espoir et la crainte de ce qui pourrait surgir à l'écran. C'est précisément de ce vertige-là que l'application de rencontre Pure vient de décider de s'occuper, en dévoilant sa nouvelle fonctionnalité « My Media Rules », présentée comme une réponse directe au cyberflashing.

Ce qui change, concrètement

Trois portes de sortie, en quelque sorte: le floutage automatique de toute photo explicite non sollicitée, la coupure complète du partage de médias, ou, pour celles et ceux qui le souhaitent, le maintien d'un espace ouvert. Il est aussi possible d'ajuster ces réglages conversation par conversation, comme on choisirait, au fil d'un échange, de baisser ou de remonter la lumière d'une pièce. Et lorsque, malgré tout, une image sensible apparaît pour la première fois, l'application propose immédiatement de revoir ses filtres — puis de décider, librement, si l'on souhaite continuer à parler avec la personne qui l'a envoyée.

Vicki Rool, responsable Confiance et Sécurité chez Pure, résume ainsi l'esprit de l'outil: l'idée n'est pas de brider la spontanéité qui fait l'identité de l'application, mais de l'adosser à la notion de consentement, pour que le plaisir ne soit jamais le masque d'un malaise.

Une réponse qui s'inscrit dans un paysage plus large

Cette nouveauté s'ajoute à un ensemble déjà présent sur Pure: protection anti-capture d'écran, floutage par défaut des contenus sensibles, photos et vidéos qui s'autodétruisent après lecture. Une architecture qui, mise bout à bout, dessine un refuge — imparfait, discutable, mais réel — pour qui souhaite que la rencontre numérique reste un espace de liberté plutôt qu'un lieu d'intrusion.

Car derrière la fonctionnalité, il y a un chiffre que Mashable rappelle: selon le Pew Research Center, environ quatre adultes sur dix utilisant des applications de rencontre disent avoir reçu un message ou une image à caractère explicite qu'ils n'avaient pas demandés. Chez les femmes de 18 à 49 ans, ce taux grimpe à 56 %. Ce n'est donc pas un angle mort, mais bien un angle vif de notre quotidien connecté.

Ce qu'il reste à regarder

Reste à voir comment cette option sera perçue dans la durée: son adoption réelle par la communauté, la manière dont les habitué·e·s du « sans filtre » réagiront à ces nouveaux garde-fous, et si d'autres applications emboîteront le pas. Pour l'instant, « My Media Rules » a le mérite de déplacer la question — non plus « qu'avez-vous envie d'envoyer? » mais « qu'avez-vous envie de recevoir? ». Et ce glissement, en apparence minime, touche exactement à ce qui rend nos échanges numériques si délicats: la négociation invisible, à chaque message, du périmètre de l'autre.