Impact des réseaux sociaux sur la santé mentale et physique des jeunes
D'après un récent sondage mené par l'Ifop pour la Fondation APRIL auprès de 2 000 jeunes de 15 à 24 ans résidant en France métropolitaine, les écrans que nous faisons défiler chaque jour ne se…
Soline Béranger·mis à jour 17 juillet 2026

D'après un récent sondage mené par l'Ifop pour la Fondation APRIL auprès de 2 000 jeunes de 15 à 24 ans résidant en France métropolitaine, les écrans que nous faisons défiler chaque jour ne se contentent plus de nous distraire: ils tissent, à notre insu, des normes silencieuses qui finissent par habiter nos gestes, nos regards posés sur notre propre corps, et jusqu'à nos décisions de santé les plus intimes. C'est précisément cette « toxicité invisible » que la Fondation APRIL a voulu mesurer, après l'avoir identifiée par l'ethnographie digitale, en interrogeant sans détour les usages, les expositions et les attentes d'une génération qui a grandi avec le fil d'actualité pour horizon familier.
Ce que confirme l'étude
L'enquête Ifop met au jour ce que beaucoup d'entre nous ressentons sans toujours le formuler: les contenus qui circulent sur les réseaux ne se limitent jamais à informer ou à divertir. Comme le rappelle l'institut, ils participent à la construction des normes, influencent les perceptions de soi et peuvent conduire à modifier certains comportements de santé — qu'il s'agisse du regard porté sur le corps, des injonctions à la performance ou de ces petits arbitrages quotidiens que l'on fait pour soi, souvent dans le silence d'une chambre, loin du regard des proches. Le sondage explore précisément ces territoires-là, du feed qui défile tard le soir aux conversations privées où se rejoue, en creux, l'asymétrie des attentes entre ce que l'on montre aux autres et ce que l'on espère, en secret, recevoir en retour de leur silence.
Ce que cela change, très concrètement
Il ne s'agit pas de jeter l'écran avec le contenu, mais de reconnaître que derrière chaque pouce qui remonte le fil se loge une invitation subtile à devenir quelqu'un d'autre, et que cette invitation mérite d'être nommée pour ce qu'elle est vraiment: une forme douce d'usure de soi. Les jeunes interrogés expriment, selon l'Ifop, des attentes claires en matière de prévention, ce qui dessine en filigrane un appétit réel pour des espaces numériques où le lien ne se construirait pas sur l'épuisement, mais sur la résonance. C'est peut-être, justement, la promesse que peuvent tenir les salons de discussion sincères: offrir un refuge où la conversation reprend le temps qu'il faut, où l'on n'a rien à prouver à personne, et où l'asymétrie des silences trouve, enfin, un endroit pour se déposer sans crainte d'être jugé. À nous, ensuite, de faire de ces espaces ce que les algorithmes ne sauront jamais être — un lieu où l'on se reconnaît dans la vulnérabilité partagée plutôt que dans la performance solitaire, et où l'on réapprend, tout simplement, à laisser une réponse avoir le temps d'arriver.