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LIVRE. Numérique, réseaux sociaux et intelligence artificielle : nos vies sont-elles devenues des capsules

Selon La Dépêche, le philosophe Pascal Chabot publie aux PUF un essai qui parle directement à tous ceux qui cherchent encore un semblant de sincérité derrière un écran: « Nos vies encapsulées. Quel devenir pour l'humanité? ».

Lilian Barret·mis à jour 06 septembre 2026

LIVRE. Numérique, réseaux sociaux et intelligence artificielle : nos vies sont-elles devenues des capsules

L'intuition est d'une limpidité désarmante — nos smartphones, nos applications et nos plateformes de discussion ne sont plus de simples outils, ils sont devenus le milieu dans lequel nous habitons. Pour qui passe ses soirées sur un tchat en quête de liens vrais, cette nouvelle grille de lecture change la donne.

De la bulle de filtre à la capsule existentielle

Les algorithmes qui filtrent ce que l'on voit et finissent par nous enfermer dans des chambres d'écho, on connaissait déjà. Chabot propose d'aller plus loin avec la notion de capsule: la maison, la voiture, le bureau, le train, l'avion, le smartphone — chaque environnement technique nous protège et nous connecte, mais impose en même temps ses propres normes de disponibilité, de vitesse et d'efficacité. Il nomme cela la « technonomie », c'est-à-dire des dispositifs qui produisent leurs propres règles du jeu et formatent jusqu'à nos rythmes.

L'individu, dans ce tableau, devient un « hubjet » — contraction de hub et d'objet — un nœud traversé par des fluxincessants. Communication, information, travail, divertissement, transactions: tout converge vers le même point, et la connexion permanente peut basculer vers ce que le philosophe appelle la « digitose » — fatigue numérique, saturation de l'attention, dépendance, parfois addiction. Le tableau est sombre sans être catastrophiste.

Ce que ça change pour qui cherche à tchatter sérieusement

Le paradoxe, et c'est là que l'analyse devient utile, c'est que les capsules prennent soin autant qu'elles enferment. Chabot ne propose pas de les briser — elles simplifient les existences et sont devenues quasi indispensables. La question se déplace alors: comment garder du corps, du vivant, de l'altérité et surtout un monde commun au sein d'environnements techniques toujours plus personnalisés?

Pour les utilisateurs de tchat et de plateformes de rencontre, trois vérifications méritent d'être faites honnêtement. La première: l'écran est-il devenu l'unique horizon de la rencontre, ou reste-t-il une porte d'entrée vers des échanges en chair et en os? La deuxième: l'algorithme filtre-t-il trop, au point de vous resservir les mêmes profils, les mêmes tics relationnels, les mêmes conversations qui tournent en boucle? La troisième, plus neuve: avec l'arrivée d'agents d'intelligence artificielle personnels capables d'interagir à votre place, qui parle encore à qui — et avec qui partagez-vous vraiment?

Un signal faible qui confirme la tendance

Pendant ce temps, d'autres observateurs des plateformes relèvent que les « battles d'aura » — ces joutes où chacun compare son capital social en ligne — envahissent en ce moment les réseaux sociaux. Le rituel de la mise en scène de soi y devient presque sportif, signe supplémentaire que la performance identitaire reste le sport numéro un des communautés numériques.

Le pari de Chabot n'est pas de sortir des capsules, mais d'y retrouver un monde commun. Pour la communauté de tchat-tendresse.fr, l'enjeu tient en une ligne: transformer une connexion technique en vraie présence.