Lush alerte sur l'impact des réseaux sociaux sur notre santé mentale et la démocratie
Selon un article publié par 20 Minutes le 12 septembre, la marque Lush a pris la parole pour dénoncer ce qu'elle appelle « le coût réel » des réseaux sociaux — une facture qu'elle chiffre, en deux…
Soline Béranger·mis à jour 15 septembre 2026

« Santé mentale », « démocratie »: Lush ose nommer ce que les écrans nous coûtent
Selon un article publié par 20 Minutes le 12 septembre, la marque Lush a pris la parole pour dénoncer ce qu'elle appelle « le coût réel » des réseaux sociaux — une facture qu'elle chiffre, en deux mots, en santé mentale et en démocratie. Ce n'est pas une campagne de plus dans le bruit ambiant; c'est plutôt le geste rare d'une marque qui consent à dire tout haut ce que beaucoup d'entre nous portons en silence, cette fatigue diffuse qui nous saisit après une heure passée à faire défiler des visages, cette impression, parfois, de ne plus très bien savoir ce qui vient de nous et ce qui vient du fil.
Le prix silencieux que nous payons déjà
En accolant « santé mentale » et « démocratie », Lush dessine une carte sensible de ce que nous vivons déjà, sans toujours oser le théoriser. Il y a, dans nos usages quotidiens, une usure que nous reconnaissons au corps plus qu'à la raison: la tension du poignet au-dessus de l'écran, l'attention qui se brise en minuscules éclats, l'attente — souvent déçue — d'une réponse qui ne vient pas, et ce silence après le « vu » qui nous laisse un peu plus seuls qu'avant. Ce que la marque met en lumière, c'est que ces petits naufrages personnels ne sont jamais tout à fait privés; mis bout à bout, ils dessinent un paysage commun où la manière dont nous parlons, dont nous aimons, dont nous doutons, se trouve lentement façonnée par des mains que nous ne voyons pas.
D'autres voix, le même horizon
La même semaine, plusieurs lectures prolongeaient cette onde. Le Monde, le 13 septembre, explorait l'attraction de jeunes femmes pour les contenus dits des « tradwives » sur ces mêmes plateformes — récits façonnés qui répondent, à leur manière, à ce que beaucoup viennent chercher dans un tchat, une rencontre virtuelle: un repère, un refuge, parfois une manière de se rassurer sur ce que « être ensemble » devrait vouloir dire. Et Dordogne Libre, le 14 septembre, rapportait les propos de collectivités locales pour qui, comme le résumait une interlocutrice du journal, « ne pas y être, ce serait disparaître » — formule qui dit, sans pathos, l'ampleur de l'imbrication. Trois angles, un même paysage: celui d'un monde où l'écran n'est plus un outil parmi d'autres, mais le lieu même où l'existence sociale se joue, avec ses promesses et ses dettes.
Cultiver, à notre tour, un peu de cette douceur
Alors, plutôt que de grandes résolutions que nous tiendrons trois jours, pouvons-nous commencer par des gestes minuscules et tenaces — ceux que personne ne voit mais qui changent la texture de nos journées? Tendre, le soir venu, vers un coin de la maison où le téléphone n'a plus sa place, simplement pour une heure, et observer ce qui remonte quand l'influx s'apaise. Reconnaître, sans juger, ce qui déclenche l'élan d'ouvrir une application: l'ennui doux, l'attente d'un message, la peur diffuse de manquer quelque chose qui, souvent, ne se passait pas. Et surtout, préserver jalousement ces espaces — un tchat tenu, un café partagé, un appel rendu, une lettre écrite — où le silence qui s'installe n'est pas une absence mais une présence, où l'on peut ne rien dire sans risquer d'être oublié. C'est peut-être, en définitive, ce que Lush, sans le dire tout à fait, nous invite à retrouver: le courage très simple de ne pas tout montrer, et la douceur, plus rare encore, de ne pas tout recevoir.