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Rencontres en ligne : pourquoi les célibataires délaissent les applications pour TikTok

Une Singapourienne de 32 ans, lassée d'avoir englouti plus de 1 000 dollars en abonnements à des applications de rencontre, a publié une vidéo sur TikTok pour externaliser sa recherche d'un mari, comme le relate AsiaOne.

Lilian Barret·mis à jour 20 septembre 2026

Rencontres en ligne : pourquoi les célibataires délaissent les applications pour TikTok

Le post, devenu viral en quelques jours, illustre un déplacement massif des usages: quand les applications spécialisées échouent à tenir leur promesse, les réseaux sociaux généralistes récupèrent ce que le swipe a laissé sur le carreau.

L'algorithme a ses limites — et le portefeuille aussi

Dionis Liaw, qui documente son parcours sentimental sur le compte @dionislovespink, a publié le 14 septembre un appel à l'aide pour le moins direct. Depuis mars, elle dit enchaîner les rencontres via Coffee Meets Bagel, Hinge, Bumble, Facebook Dating et Matchcatch — plus de 1 000 dollars d'abonnements premium, selon ses déclarations relayées par AsiaOne.

Elle explique dans la vidéo qu'elle a tout simplement fait le tour des profils masculins disponibles à Singapour sur les applis, et confie à Mothership que sa frustration couvait depuis des mois. Le paradoxe est savoureux: ce sont précisément les plateformes algorithmiques qui promettent la compatibilité parfaite qui produisent cette fatigue existentielle. On ne cherche plus l'âme sœur dans un marché matrimonial calibré; on finit par lancer un appel public — un appel qui a déjà dépassé les 135 000 vues, tout de même.

Le formulaire qu'elle a concocté ensuite — une vingtaine de questions sur le mariage, les enfants, le style de communication ou l'acceptation d'une séparation non encore finalisée — fonctionne comme un rite de passage inversé. Ce n'est plus l'algorithme qui trie, c'est la candidate qui re-sélectionne ses prétendants. Elle précise d'ailleurs que remplir le formulaire ne garantit ni réponse ni rendez-vous: elle ne fait, selon ses mots relayés par Mothership, que décider qui mérite un premier café.

Le questionnaire comme nouveau CV amoureux

Au jeudi suivant la publication, quelque 79 candidatures avaient afflué — certaines sérieuses, d'autres manifestement conçues pour la blague. La méthode dit quelque chose d'instructif sur la fatigue des codes imposés: Liaw a converti sa frustration en rituel collectif. Elle énumère ses critères sans détour — stabilité financière, ambition, état d'esprit de pourvoyeur, profil de non-fumeur aimant les chats et capable de tenir une conversation d'adulte.

Ses exigences ne sont pas délirantes, elles sont explicites. C'est peut-être là que le bât blesse: dans un écosystème où les profils se ressemblent et où le swipe a remplacé la conversation, revenir à un questionnaire détaillé relève presque de l'acte transgressif. Selon AsiaOne, elle a déjà échangé avec plusieurs répondants et un premier rendez-vous est d'ores et déjà calé.

Quand l'app fatigue, le réseau prend le relais

L'épisode s'inscrit dans un mouvement plus large observé cette semaine. Le New York Post raconte ainsi la vidéo virale d'une New-Yorkaise de 23 ans qui tente de recadrer les règles minimales de la séduction moderne — choisir le restaurant, régler l'addition, écrire le lendemain — et déclenche un torrent de commentaires hostiles. Et DatingNews.com relaie un titre de Dating.com selon lequel certaines personnes dépensent plus de 5 000 dollars après une rupture.

Trois signaux convergents: les apps ne délivrent plus leur promesse initiale, les utilisateurs reprennent la main sur leurs critères, et les plateformes généralistes absorbent ce que les services spécialisés n'arrivent plus à gérer. Pour qui fréquente les tchats et les espaces de rencontre gratuits, le message est limpide — la conversation sincère finit toujours par migrer là où on ne l'attendait pas.