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Tinder explore les rencontres fortuites grâce à la géolocalisation

D'après Mashable, l'application teste actuellement en Australie et au Canada une option baptisée « Missed Connections », qui propose chaque semaine une sélection de profils de personnes croisées dans…

Soline Béranger·mis à jour 07 août 2026

Tinder explore les rencontres fortuites grâce à la géolocalisation

Le hasard que l'on n'osait plus nommer

Il y a quelque chose de doux, presque de nostalgique, dans l'idée qu'un algorithme puisse aujourd'hui rattraper ces regards croisés dans un café, ces épaules frôlées dans le métro, ces demi-secondes où l'on s'est aperçu sans jamais se parler. Comme si Tinder, après des années à nous apprendre à tout filtrer, à tout optimiser, à trier l'humain comme un catalogue, décidait enfin de laisser une place au tremblement de l'imprévu.

D'après Mashable, l'application teste actuellement en Australie et au Canada une option baptisée « Missed Connections », qui propose chaque semaine une sélection de profils de personnes croisées dans la vraie vie au cours des sept jours précédents. Une fonctionnalité pensée, confie Spencer Rascoff, PDG de Match Group et de Tinder, pour « faire se rejoindre l'expérience dans l'application et celle du monde réel ».

Ce qui se trame derrière cette idée simple

Derrière la poésie du croisement, il y a une stratégie. Celle d'une plateforme qui voit ses revenus directs reculer d'environ 1 % et ses utilisateurs payants de 5 % sur un an, mais qui mise sur un levier déjà prometteur: Events, son onglet dédié aux rencontres en présentiel. Selon Watson, ce programme, d'abord testé à Los Angeles, s'étend désormais à neuf nouvelles villes — dont Genève et Zurich en Suisse romande — et devrait couvrir vingt-six agglomérations d'ici fin septembre.

Les chiffres donnent le ton: depuis son lancement en mars, 66 % des membres éligibles auraient utilisé Events, et 71 % des 18-24 ans y ont pris part au moins une fois. Ateliers de céramique, brunchs dominicaux, randonnées collectives, soirées jeux ou sets de DJ — la rencontre se réinvente autour d'une activité partagée, à un tarif modeste de 15 à 20 francs. L'idée-force, répétée par Mark Kantor, directeur produit de Tinder, est qu'un geste fait ensemble désarme la peur du premier rendez-vous.

Ce que cela change, vraiment, pour nous

Il est tentant de voir dans « Missed Connections » une simple mécanique marketing de plus, habillée de romantisme. Mais il y a peut-être, dans ce retour du hasard géographique, une invitation plus large: accepter que le lien numérique ne soit qu'une antichambre, et que le véritable travail de la rencontre — celui où l'on accepte d'être vulnérable, d'être traversé, d'être un peu surpris — ne peut pas entièrement se déléguer à une interface.

Pour les utilisateurs francophones, la fonctionnalité n'est pas encore disponible localement, et Tinder n'a pas annoncé de date de déploiement en Europe de l'Ouest. En attendant, l'expansion d'Events en Suisse romande offre déjà un premier terrain d'essai: un espace où l'on ne se choisit pas seulement sur une photo, mais autour d'un geste partagé — et où, parfois, le silence entre deux inconnus n'a plus rien de celui que l'on redoute sur un écran.