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Déconnexion estivale : 5 méthodes pour reprendre le contrôle sur vos écrans

Comme le souligne le CIDJ dans un récent décryptage consacré à la pause numérique estivale, les vacances peuvent vite devenir un long enchaînement de scrolls dont on ne mesure plus le passage — un…

Soline Béranger·mis à jour 31 juillet 2026

Déconnexion estivale : 5 méthodes pour reprendre le contrôle sur vos écrans

L'été s'installe, et déjà le réflexe nous rattrape: la main qui cherche l'écran avant même que le regard ne se pose sur le dehors. Comme le souligne le CIDJ dans un récent décryptage consacré à la pause numérique estivale, les vacances peuvent vite devenir un long enchaînement de scrolls dont on ne mesure plus le passage — un défilement qui nous occupe autant qu'il nous vide. C'est aussi, rappelle la médecin addictologue Juliette Hazart interrogée par le CIDJ, « une période idéale pour changer ses habitudes ».

Observer avant de restreindre

Le premier geste, insiste la praticienne, autrice de Mon ado est accro aux réseaux sociaux (De Boeck Supérieur), n'est pas de supprimer une application ni de s'imposer un seuil arbitraire, mais d'observer. Quelles applis ouvrons-nous le plus souvent, à quels moments, et surtout — question plus fine — comment nous sentons-nous après vingt ou trente minutes de feed? L'exercice n'est pas de se culpabiliser, mais de cartographier doucement ce qui nous ressource et ce qui nous épuise.

« Chaque notification, chaque like, chaque nouvelle vidéo active le circuit de la récompense », explique Juliette Hazart. La dopamine libérée à chaque micro-signal renforce ce geste devenu machinal: ouvrir son téléphone sans même y penser. Comprendre ce mécanisme, ce n'est pas se juger, c'est se redonner un choix là où il n'y en avait plus.

Protéger des plages, plutôt que tout supprimer d'un coup

Plutôt qu'un sevrage radical difficile à tenir, la spécialiste suggère d'aménager des sanctuaires dans la journée — laisser le téléphone hors de la chambre la nuit, éviter les écrans pendant les repas, attendre un peu avant d'ouvrir les réseaux au réveil. Désactiver les notifications qui n'apportent rien change la donne plus qu'on ne l'imagine, parce que le cerveau, rappelle-t-elle, « privilégie naturellement les récompenses immédiates ». Si le smartphone reste à portée de main, il gagnera toujours contre l'activité qui demande un peu plus d'effort.

Trois leviers concrets qu'elle recommande: programmer une limite de temps dans les réglages, couper les notifications, faire le tri dans ses abonnements pour ne garder que ce qui inspire ou informe vraiment — petits gestes qui, ensemble, cassent la mécanique du réflexe.

Le goût des liens retrouvés

Reste l'étape la plus délicate, et peut-être la plus précieuse pour quiconque aime les échanges en ligne: savoir par quoi remplacer le défilement. « Couper les écrans sans rien prévoir à la place risque de créer un sentiment de vide », prévient Juliette Hazart. Alors on ressort une carte papier pour préparer une balade, on réapprend à demander son chemin à un passant, on photographie avec un vrai appareil, on note ses impressions dans un carnet — autant de façons de réinvestir le temps retrouvé dans des gestes qui laissent une trace.

Et si cette pause estivale pouvait aussi changer notre regard sur nos liens numériques? Comme le note encore le CIDJ, sur les réseaux nous sommes surtout exposés aux meilleurs moments des autres, ce qui creuse une asymétrie silencieuse entre ce qu'on vit et ce qu'on voit. Ralentir le défilement, c'est peut-être simplement laisser plus de place aux conversations qui se tissent dans la durée, plutôt qu'à celles qui se consument dans un scroll.