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Réseaux sociaux : comment l'UE veut encadrer l'accès des mineurs

Comme le rapporte CNews, l'Union européenne tente, depuis plusieurs mois, de poser un cadre commun pour protéger les plus jeunes des écrans qui captent leur attention.

Soline Béranger·mis à jour 17 juillet 2026

Réseaux sociaux : comment l'UE veut encadrer l'accès des mineurs

Un comité d'experts a remis, lundi 13 juillet, des recommandations articulées autour d'une « majorité numérique » à treize ans, d'une initiation progressive et d'un « mode jeunesse » sans publicité ciblée.

Un seuil, puis une initiation

L'idée directrice est familière: poser un âge légal, à l'image du permis de conduire ou de l'achat d'alcool. « De la même manière que nous ne donnons pas les clés d'une voiture à nos enfants avant qu'ils n'aient leur permis, ni ne les autorisons à acheter de l'alcool avant l'âge légal, nous devons fixer un âge minimum pour l'accès légal aux réseaux sociaux », a défendu Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne.

Ce seuil resterait un plancher: les États seraient libres d'aller au-delà. La France prépare déjà une interdiction pour les moins de quinze ans à la rentrée 2026. Espagne, Grèce, Danemark, Autriche et Suède avancent ou examinent des dispositions comparables.

Le comité, coprésidé par l'épidémiologiste française Maria Melchior et le psychiatre allemand Jörg Fegert, ne s'arrête pas au couperet. Entre treize et dix-huit ans, il propose un accès limité aux plateformes jugées « suffisamment sûres » — celles qui auraient renoncé aux flux illimités et ultra-personnalisés, ces rubans sans fin qui absorbent l'attention sans la rendre. Les eurodéputés ont ajouté, mardi 14 juillet, un « mode jeunesse » activé par défaut, où publicité ciblée et mécanismes de captation seraient neutralisés. La Commission européenne, relève par ailleurs 01net, souhaite désormais inclure les chatbots dans la régulation — une extension qui touche directement la manière dont les adolescents conversent déjà avec des intelligences artificielles.

Australie, six mois plus tard

Premier pays à franchir le pas, l'Australie interdit depuis janvier 2026 l'accès aux principales plateformes — TikTok, Instagram, Facebook, Snapchat, Reddit — aux moins de seize ans. Vérification d'âge obligatoire, amendes pouvant atteindre 49,5 millions de dollars australiens, soit environ 28 millions d'euros.

Six mois après l'entrée en vigueur, les retours commencent à se dessiner, comme le rapporte ma-sante.news: enseignants, commerçants et parents disent voir davantage de jeunes dehors, dans les parcs, à pratiquer un sport — et surtout à se parler en face à face. Ces constats restent essentiellement qualitatifs, mais ils esquissent une tendance: un espace-temps retrouvé hors des flux. Le Royaume-Uni, lui, prépare un couvre-feu pour les adolescents, selon Euronews.

Ce que cela change, pour nous

Pour celles et ceux qui animent des espaces de dialogue en ligne, le mouvement interroge un équilibre subtil. Les plateformes grand public ne sont pas les seuls lieux où se tissent les premières amitiés et les premières conversations intimes: les tchats gratuits, les forums, les messageries discrètes tiennent souvent ce rôle de refuge quand l'agitation des réseaux devient trop lourde à porter.

Un seuil d'âge, aussi nécessaire soit-il, ne dit rien de la qualité du lien qui se construira derrière. À nous, désormais, de faire en sorte que les espaces qui restent accessibles aux plus jeunes soient ceux où l'on apprend à écouter, à laisser un silence, à répondre sans écraser — pas seulement à faire défiler.