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Réseaux sociaux : les nouvelles restrictions d'accès pour les mineurs de moins de 15 ans

Selon Siècle Digital, la France s’apprête à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans à partir du 1er septembre.

Soline Béranger·mis à jour 26 juillet 2026

Réseaux sociaux : les nouvelles restrictions d'accès pour les mineurs de moins de 15 ans

Derrière une mesure qui semble trancher net, il y a pourtant une réalité relationnelle plus mouvante: pour beaucoup d’adolescents, un compte n’est pas seulement un fil de vidéos ou de commentaires, mais un espace où les présences se cherchent, où les silences peuvent peser, où une conversation privée devient parfois un refuge.

Le texte a été largement voté au Sénat puis à l’Assemblée nationale, rapporte le média. Il placerait la France à l’avant-garde européenne sur ce seuil d’âge. Mais son application, et surtout la manière dont elle modifiera nos échanges numériques, restent à regarder de près.

Dès septembre, la création de comptes doit changer

À compter du 1er septembre, les moins de 15 ans ne pourront plus créer de compte sur des plateformes comme Instagram, TikTok ou Facebook, selon Siècle Digital. Les comptes déjà ouverts disposeraient de quatre mois avant une coupure automatique annoncée pour le 1er janvier 2027.

Le Figaro précise que les plateformes auraient quatre mois, à partir de septembre, pour vérifier l’identité et l’âge de l’ensemble de leurs utilisateurs. Aucun dispositif technique précis ne serait imposé par la loi: les réseaux choisiraient donc eux-mêmes leur méthode de contrôle.

C’est sans doute là que se niche l’asymétrie des attentes. D’un côté, l’idée d’un cadre plus protecteur pour les mineurs; de l’autre, la demande faite à chaque personne de prouver qui elle est et quel âge elle a pour conserver le droit de publier, de commenter ou simplement d’exister socialement dans un espace numérique. L’anonymat, déjà fragile, pourrait en ressortir encore un peu plus étroit.

Regarder, écrire, publier: des gestes qui ne seraient pas logés à la même enseigne

Le traitement de YouTube et WhatsApp serait particulier. D’après Siècle Digital, les mineurs concernés ne pourraient plus y commenter, tenir une chaîne ou publier. En revanche, regarder une vidéo sans interaction et envoyer un message privé resteraient possibles.

Cette nuance compte pour tous ceux qui s’intéressent à la qualité des liens en ligne. Elle dessine une frontière entre la parole exposée — celle qui résonne devant tous, avec ses attentes et ses risques — et l’échange plus discret, de personne à personne. Or ces deux espaces ne se remplacent pas: nous savons qu’un message privé peut préserver une proximité, mais qu’il ne tisse pas toujours le même sentiment d’appartenance qu’une discussion partagée.

Les encyclopédies en ligne ainsi que les plateformes de développement open source, dont GitHub et GitLab, ne seraient pas concernées par l’interdiction, selon le même article.

Ce qu’il faut surveiller avant de conclure

Pour les familles comme pour les plateformes, le premier point concret sera la vérification d’âge: il faudra comprendre quelles informations seront demandées, à qui elles seront confiées et comment les comptes existants seront traités. Siècle Digital indique que des défenseurs des libertés numériques s’inquiètent d’une collecte massive de données, tandis que le Conseil constitutionnel doit encore se prononcer.

Le Figaro relève pour sa part que le texte ne prévoit pas de sanction contre les parents ou les enfants, mais envisage des amendes pour les réseaux sociaux en cas d’irrégularités. La responsabilité se déplace donc vers les plateformes, sans dissiper toutes les questions pratiques.

La mesure ne dira pas, à elle seule, comment nous apprenons à habiter les conversations en ligne avec attention. Mais elle oblige à regarder un fait souvent laissé dans l’ombre: derrière chaque compte, il y a une personne, un âge, une vulnérabilité et parfois le besoin très simple de trouver, dans l’écran, quelqu’un qui réponde.